Vous êtes micro-entrepreneure et vous attendez un enfant ? Bonne nouvelle : vous avez droit à un congé maternité indemnisé. Moins bonne nouvelle : son montant dépend de vos revenus, et les règles de calcul sont loin d’être simples. Voici l’essentiel pour comprendre comment ça marche, sans calculatrice.
Deux aides, une condition
Pendant votre congé maternité, l’Assurance maladie vous verse deux prestations qui s’additionnent.
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- L’allocation forfaitaire de repos maternel. C’est une somme versée en deux fois : la moitié au début du congé, l’autre moitié à la fin des huit premières semaines. Elle aide à faire face aux charges de votre activité pendant votre absence.
- Les indemnités journalières. Elles sont versées pour chaque jour où vous ne travaillez pas, pendant toute la durée du congé.
Pour toucher l’une comme l’autre, une condition est incontournable : vous devez cesser complètement votre activité pendant au moins huit semaines d’affilée, dont six après la naissance. En dessous, vous ne percevez rien du tout. Au-delà, vous pouvez prolonger votre congé jusqu’à seize semaines pour un premier ou un deuxième enfant, comme une salariée.
Si vous avez créé votre micro-entreprise récemment, vérifiez aussi que vous aurez au moins six mois d’activité à la date prévue de l’accouchement. Sans cela, vos droits ne sont pas encore ouverts.
Tout ou presque rien ...
Le montant de ces aides ne s’ajuste pas finement à ce que vous gagnez. Il fonctionne comme un interrupteur, avec deux positions seulement.
L’Assurance maladie regarde votre revenu moyen des dernières années (trois au maximum MAIS CELA PEUT ETRE MOINS en fonction de la date de votre début d’activité.). Ce revenu n’est pas votre chiffre d’affaires : c’est ce qu’il reste une fois appliqué l’abattement forfaitaire de votre activité (vente, prestation de services ou libéral).
- Si ce revenu moyen atteint un certain seuil, vous percevez les aides à taux plein.
- S’il reste en dessous, même de peu, vous ne percevez que 10 % du taux plein. Il n’y a pas d’entre-deux.
Ce seuil est relativement bas, mais beaucoup de micro-entrepreneures ne l’atteignent pas, surtout en début d’activité ou à temps partiel.
Pourquoi c'est si difficile à estimer toute seule ...
Savoir de quel côté du seuil vous vous situez n’a rien d’évident, car trois éléments changent la façon dont votre revenu moyen est calculé.
- La date de création de votre micro-entreprise. Si vous avez moins de trois ans d’activité, seules les années travaillées comptent, et une année incomplète est ramenée sur une année entière.
- La date de début de votre congé. Selon qu’il commence en début d’année ou plus tard, ce ne sont pas les mêmes déclarations de chiffre d’affaires qui sont retenues. Une partie de l’année en cours peut même entrer en compte.
- Le rythme de vos déclarations. Que vous déclariez chaque mois ou chaque trimestre, les périodes prises en compte ne sont pas les mêmes.
Résultat : deux micro-entrepreneures au chiffre d’affaires identique peuvent obtenir des droits très différents. Mieux vaut le savoir avant de fixer la date de son congé.
Le simulateur de l’UPSME-EI fait le calcul pour vous !
Pour vous éviter ce casse-tête, l’UPSME-EI met à votre disposition un simulateur des indemnités maternité 2027. Vous indiquez votre date de création, les dates de votre congé et votre chiffre d’affaires déclaré. Le simulateur vous dit aussitôt si vous percevrez les aides à taux plein ou à 10 %, et quel chiffre d’affaires saisir selon votre situation.
Il couvre tous les cas : une micro-entreprise créée il y a plusieurs années comme une création toute récente.
👉 Le simulateur est accessible dans votre espace personnel UPSME-EI, directement sur le tableau de bord : ⤵️
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Nouveauté 2026 ! Le congé supplémentaire de naissance
Depuis le 1er juillet 2026, chaque parent peut prendre un congé supplémentaire de naissance de deux mois au plus, après le congé maternité ou dans les neuf mois qui suivent la naissance. Les travailleuses indépendantes, micro-entrepreneures comprises, y ont droit, avec des indemnités journalières dédiées (source : Service Public Entreprendre).
Attention toutefois : la même règle du seuil s’applique. Si votre revenu moyen est trop faible, ces indemnités tombent elles aussi à 10 %.
Des droits qui restent notoirement insuffisants
Soyons clairs : même bien calculés, ces droits ne permettent pas à la plupart des micro-entrepreneures de s’arrêter sereinement.
Les revenus en micro-entreprise sont souvent modestes. Beaucoup de femmes se retrouvent donc sous le seuil et ne touchent que 10 % du taux plein, soit moins de 7 € par jour d’indemnités. Personne ne peut vivre longtemps avec une telle somme.
La conséquence est connue : de nombreuses micro-entrepreneures réduisent leur congé au strict minimum exigé pour être indemnisées, huit semaines au lieu de seize, et reprennent le travail au plus vite. Au détriment de leur santé et de ces premières semaines avec leur enfant.
L’UPSME-EI continuera de militer pour un congé maternité digne de ce nom pour toutes les indépendantes, quel que soit leur chiffre d’affaires.
Néanmoins, restons lucides : avec des comptes sociaux aussi dégradés, une amélioration rapide paraît peu probable. C’est une raison de plus pour faire entendre notre voix, ensemble. Plus nous sommes nombreuses et nombreux à adhérer, plus ce combat pèse.